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PRÉVISION | 27.03 | Filosofia | Dream Factory
Un Knizia en cache toujours un autre et la sécurité ludique ferait bien de songer à une signalisation ad hoc. Un seul mot d'ordre pour l'instant : lorsque vous ouvrez une boite Filosofia - par exemple Excape - ne vous laissez pas distraire et gardez un œil vif et alerte sur l'actu de l'éditeur québécois. Un moment d'égarement au fin fond d'une règle et vous pourriez vous retrouver les bras ballants: "Mais de quoi ? Un autre Knizia ? Où ça ? Nan, c'est pas juste, je regardais ailleurs…"
On va faire court : vous aimez le cinéma ? Vous aimez Knizia ? Vous aimez les jeux d'enchères et de combinaisons ? Si vous avez au moins deux oui, commencez à économiser vos pépettes, en évitant par exemple de vous laisser entraîner par la promo insidieuse de quelques blockbiusters lobotomisés (liste sur demande).En même temps, vous n'êtes pas à l'abri dans Dream Factory de produire quelques navets. Car même si vous êtes le plus grand producteur d'Hollywood, pas toujours facile d'avoir les meilleurs acteurs, réalisateurs et techniciens. Et parmi tous vos projets, vous devrez peut-être faire des coupes budgétaires et vous résoudre à engager des seconds rôles dans chaque domaine. Qu'importe ! Si au moins l'un de vos films vous mène jusqu'aux oscars, l'honneur sera sauf.
Vous commencez le jeu avec 3 scénari et il va falloir récupérer les tuiles production (acteurs, musique, effets spéciaux…) requis par chacun d'eux. A la fin de chaque manche (il y en à 4 dans le jeu), les films terminés concourent pour obtenir un prix, attribué en fonction de leur qualité. Elle est déterminée par les différentes tuiles production, affichant de 0 à 4 étoiles.
S'il sera bien nouvellement illustré, le plateau de l'édition 2009 garde la même structure que l'original. Donc chaque manche se compose de 8 enchères. La première vous permet d'obtenir un réalisateur de prestige (4 étoiles), les autres proposent des lots de 2 à 3 tuiles production, dont la valeur est plus ou moins intéressante puisqu'elles sont piochées au hasard. Entre votre souci de finir votre film coûte que coûte et celui
d'obtenir le maximum d'étoiles, tout n'est pas forcément compatible, surtout avec vos finances. Dans Dream Factory, l'argent est en circuit fermé : celui qui remporte l'enchère répartit sa mise entre les autres joueurs. On paiera d'ailleurs avec des billets alors que dans la première version, on payait avec des contrats.Autre élément important dans chaque manche : les 2 cases spéciales où chaque producteur prendra gratuitement une tuile. C'est le producteur qui aura engager le plus d'acteurs et de guest-stars qui se servira en premier. Si les cases classiques révèlent dès le début de la manche les lots mis aux enchères, les cases spéciales gardent leur secret jusqu'à la distribution. Impossible de savoir si cela sera payant de se servir en premier.
Pour ceux qui ont joué à la première version, il y avait deux frustrations surtout en étant fan de cinema. Si Citizen Kane et Casablanca ne posaient aucun problème, cela coinçait aux entournures avec quelques titres peu évocateurs comme Verdammt in alle Ewigkeit ou encore Die Früchte des Zorns. Bof-bof. Dans la version Filosofia, place à des choses qui vont parler à nombre d'entre vous : Chirac des Caraïbes, Miss Daisy et son chou-fleur ou encore Il faut sauver l'estomac de Ryan. Yep, ça joue la déconne. En même temps, avec le traitement caricatural des acteurs, il ne pouvait en être autrement : Leonardo DiCappuccino, No Thanks ou Orphelinat Joli sont quelques unes des stars épinglées dans Dream Factory.
Autre souci dans la version originale : les récompenses étaient un peu alambiquées avec un film capable de remporter le même oscar plusieurs fois. Un bug thématique corrigé puisque les Golden Globe, Palme de Cannes et Ours de Berlin sont désormais présents et rendent cohérente l'accumulation de prix pour un même film.Filosofia garde encore jalousement de nombreuses infos mais on peut se poser certaines questions. L'édition Hasbro misait sur l'âge d'or Hollywoodien et il était facile - et diplomatique - de faire une hiérarchie des acteurs : une seule étoile pour la plantureuse Jane Russell dont on appréciait certains talents et 3 pour Ingrid Bergman, 1 seule étoile pour Boris Karloff et 3 pour Gary Cooper. Alors ? Qui seront les Karloff et Russell de 2009 ? Sans doute en hommage à un autre Maître - celui du suspens - Knizia avait poussé la dérision à apparaître dans le jeu … avec une étoile noire (- 1 point). Sera-t-il encore là ? On peut parier que oui…
Toujours dans l'édition d'Hasbro, les joueurs bénéficiaient d'un CD avec des chansons d'époque (Bing Crosby, Dean Martin, Marylin Monroe, Fred Astaire…). Une bonne idée mais plus en accord avec l'époque de Dream Factory. Sera-t-elle reprise par Filosofia, avec plutôt des ambiances sonores que nous sert habituellement le grand écran ?
Plein de questions pour nous faire patienter jusqu'à la sortie officielle de Dream Factory, qui sera au même format que Genoa et Chinatown et portera le n°3 de la collection V.I.P.. Saluons dès à présent cette nouvelle bonne initiative de Filosofiia qui va enfin permettre aux boutiques de retrouver un jeu grand public autour du cinéma, sans le traditionnel Quiz à la Pierre Tchernia .
Dans Le numéro 57 de JsP. (Fin avril) le Zoom est consacré à Dream Factory, le désormais officiel n°3 de la collection VIP .
Dream Factory
Editeur : Filosofia
Auteur : Reiner Knizia
Age : 10 ans et +
Joueurs : 2 à 5
Disponibilité : Fin mai (sous réserve)












