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ACTU | 07.04 | Pygmoo | Lutinfernal

En 2008, Phagocyte faisait partie des 13 finalistes au concours des créateurs de Boulogne Billancourt : un beau parcours quand on sait qu'il y avait 141 prétendants (51 avaient franchi la première étape de sélection et bénéficié de tests approfondis du Jury). Le jeu de Jérôme Mercadal a fait du chemin depuis. Et plutôt en bien : adieu le titre trop intelligent pour être vendeur et bonjour la thématisation rassembleuse. Luntinfernal est donc né, avec une petite refonte mécanique qui n'en a pas écarté l'essence.

>>> Placement et capture, voilà le programme. Proche du Go de par sa mécanique d'encerclement, l'auteur préfère désormais raconter l'histoire avec un peu plus de féérie. Ne vous attendez pas à un récit gluant à l'eau de rose, il s'agit plutôt de la face sombre des légendes, où on s'aperçoit que dès que le héros disparait du fil de l'histoire, lutins et magiciens ne se tapent pas que dans le dos. Est-ce pour une histoire de tag sur le chêne séculaire ? D'ironie mal placée à l'encontre de la nouvelle toge achetée en solde par le plus radin des magiciens de la forêt ? On ne saura sans doute jamais ce qui a amené à ce règlement de compte entre bandes rivales. 26 nains de chaque côté, prêts à en découdre, avec 4 magiciens dans chaque camp qui n'hésiteront pas à alimenter la confusion générale… ça va chauffer.

Mécaniquement, le jeu reste donc très simple : à chaque tour, on pose un lutin ou un magicien sur une case libre. Si un personnage se retrouve totalement encerclé (par des pions majoritairement adverses), il est pétrifié. Le pion est alors retourné face roche et n'a plus aucun effet sur les autres pions. Il peut bien-sur y avoir un effet de chaine et, avec le placement d'un seul personnage, un joueur peut  pétrifier plusieurs lutins de son adversaire. Même si le pion est placé au coeur d'un encerclement qui doit le pétrifier, il agit d'abord et peut ainsi éviter le sortilège.

Si cela permettait de visualiser le score tout au long de la partie (ce qui n'avait pour le coup aucune incidence sur la manière de jouer), Phagocyte imposait une manipulation fastidieuse avec le remplacement sur le plateau du pion capturé par un pion neutre. Avec Lutinfernal, tout est beaucoup plus simple : il suffit juste de retourner le pion capturé et à la fin du jeu - lorsque toutes les cases sont occupées - chaque camp compte ses lutins encore visibles.

Mais l'aménagement mécanique vraiment enrichissant - et qui remplace les cartes action de la première version - c'est le pouvoir du magicien qui, avant d'être posé sur l'aire de jeu, peut déplacer à sa guise l'un des 3 grands hexagones (de 19 cases chacun) composant le territoire d'affrontement. En reformulant la configuration du terrain, le joueur peut ainsi générer des encerclements surprises. Il faudra ainsi observer les pièces posées et leur changement d'orientation possible : surveiller ses arrières prend ici tout son sens. Une subtilité tactique qu'on pourra rapprocher de Pentago (qui est axé sur les alignements façon Morpion).

La version commercialisée sera présentée au prochain Salon du jeu de société de Paris (25-26 avril) sur le stand de l'éditeur, en présence de l'auteur et de David Revoy, qui a illustré avec brio le jeu. On ne peut d'ailleurs que vous conseiller de visiter sa galerie.

Le site du jeu

Le site de l'éditeur

Lutinfernal
Auteur
: Jérome Mercadal
Editeur
: Pygmoo
Nbre de joueurs : 2
Age : 8 ans et +
Disponibilité
: 25 avril 2009

Commentaires (1)
1 Mercredi, 08 Avril 2009 17:05
lutinfernal
Bravo pour ce magnifique article en espérant être un jour dans votre magazine ;)
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